Notre empreinte écologique est toujours plus marquée, il est temps de revenir aux fondamentaux et de redonner sa place au bois dans notre quotidien en phase de décarbonisation.

Par sa texture chaleureuse, sa création d’ambiance incomparable, le bois nous reconnecte avec notre environnement naturel. Ce matériau indigène qui pousse chaque jour sous nos fenêtres est encore largement sous-exploité. L’accroissement annuel des forêts fribourgeoises dépasse le demi-million de m3. Nous en exploitons chaque année environ 260'000 m3. En soustrayant les forêts improductives situées dans des secteurs inaccessibles ou escarpés, un peu moins de 100'000 m3 sont annuellement encore disponibles.

La mise en œuvre du bois amène une véritable plus-value régionale. Elle fournit du travail aux équipes forestières, puis à nos scieurs et pour terminer à de nombreux artisans menuisiers, ébénistes et j’en passe. Cette matière première transformée in situ est une véritable mine d’or locale. Cette constatation est encore plus flagrante lorsqu’on analyse les chiffres pour la production de bois-énergie. Le tableau ci-dessous résume bien le bilan financier pour une région. La valeur ajoutée est énorme. Tous ces flux financiers engendrent des places de travail locales, nourrissent des familles mais aussi génèrent des impôts pour nos institutions publiques. Ces dernières années et avec ce réflexe d’économie de proximité, plusieurs bâtiments notamment des écoles ont été construits ou sont en cours de construction en bois local dans le canton. Effort remarquable à pérenniser !

Les énergies fossiles provoquent des dommages écologiques démesurés que ce soit par l’extraction, le raffinage ou encore le transport, à l’inverse le matériau bois est sobre et écologique. Il est malheureusement évident qu’en exploitant la totalité du potentiel bois encore disponible en Suisse, sous forme de matériau ou d’énergie, il ne pourra subvenir à l’ensemble de nos besoins.

Cependant, il est de notre devoir de tout mettre en œuvre afin d’exploiter l’entier de ce potentiel qui sommeille dans nos forêts. C’est une contribution de plus dans l’optique de réduire notre empreinte écologique en valorisant un matériau naturel au bilan carbone neutre.

De la forêt jusqu’au produit fini, l’ensemble des sous-produits est utilisé. Les billes de mauvaise qualité et une partie des branchages sont transformées en copeaux de bois pour alimenter les chauffages à distance. La sciure issue de la fabrication de poutres ou planches est utilisée à la production de pellets pour les chauffages. L’écorce des troncs livrés en scierie alimentent les fours de séchage des produits du sciage et des chauffages à distance.

Il faut toutefois être raisonnable et ne pas tomber dans l’autre extrême en voulant absolument exploiter jusqu’à la dernière brindille. Cette pratique encore courante jusqu’au milieu du 20ème siècle lorsqu’on se chauffait principalement avec des poêles domestiques n’est plus d’actualité. Une proportion d’arbres secs sur pied et de bois mort en forêt est indispensable au bon fonctionnement de notre écosystème. Cela permet de favoriser notamment une quantité d’insectes et de champignons gages d’une grande biodiversité et résilience du milieu. Contrairement à certaines croyances, ces bois en état de décomposition ne propagent aucune maladie.  

Le clic utile https://www.holz-bois-legno.ch/fr

Un message de Frédéric Schneider - Ing. forestier du 1er arrondissement - Service des forêts et de la nature
Hauterive, février 2023

 


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